Le Québec des années 1940 était un endroit bien différent de celui que l’on connaît aujourd’hui.

Le pouvoir politique absolu de l’Union Nationale de Maurice Duplessis était totalement assujetti à la volonté du clergé qui, par volonté de domination, gardait le peuple sous un joug religieux que gardait jalousement le premier ministre, fervent catholique.

C’est sous ses auspices que Normand Hudon fit ses premières armes comme artiste. 

En effet, il réussit l’examen d’admission à l’École des Beaux-Arts de Montréal en 1947 où il est Directement admis en deuxième année. Il y restera deux ans et apprendra le dessin avec Jean Simard, la décoration avec René Chicoine et Maurice Raymond, la publicité avec Henry Eveleigh.

Il commence à travailler comme caricaturiste en 1948 mais quitte pour Paris l’année suivante où il étudie la peinture et le dessin pendant cinq mois à L’Académie de Montmartre, sous la direction de Fernand Léger.  Il y fait aussi la connaissance de Pablo Picasso.

Ce temps passé en Europe, où l’atmosphère est résolument plus libre et créative qu’au Québec, aura une influence sur la pensée même d’Hudon qui se met à utiliser sa position de caricaturiste de façon à dénoncer la mainmise de l’Église et d’un gouvernement autoritaire sur la vie du peuple québécois.  Il passera la fin des années 1950  et le début des années 1960 à pratiquer ce métier de polémiste tant au journal « le Devoir » qu’à « la Presse » et ce jusqu’en 1963.

Cette attitude iconoclaste d’un commentateur sans vergogne se reflètera  aussi dans son travail dans les différents médias où il tiendra une place de choix jusqu’au début des années 1970.

C’est alors qu’Hudon le caricaturiste laissera sa place à Hudon le peintre « sérieux ».  Son utilisation de l’huile, à partir des années 1970, a une signification politique dans le contexte québécois. Il faut la comprendre comme une autre manifestation critique et satirique de la société.

Il représente alors les archétypes d’une société qui change à une vitesse fulgurante et il jette son dévolu sur certains des travers de la même société.  Juges avocats et clergé, tous subissent la critique bon enfant d’Hudon qui est maintenant encensé comme étant l’un des caricaturistes les plus éminents au Canada et reconnu comme ayant directement contribué à la Révolution tranquille au Québec.

Oeuvres disponibles : 

Normand Hudon - religieuses - nuns

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Normand Hudon - religieuses - nuns

 

CHRONOLOGIE

1929- Naît le 5 juin à Montréal.

1943- Entre à l’Académie Querbes, Montréal.

1944- Cours scientifique à l’école Saint-Viateur, jusqu’en 1946

1945- Vend ses premiers dessins au journal La Presse pour illustrer des pages couvertures.

1947- Réussit l’examen d’admission à l’École des Beaux-Arts de Montréal où il est Directement admis en deuxième année. Il y restera deux ans et apprendra le dessin avec Jean Simard, la décoration avec René Chicoine et Maurice Raymond, la publicité avec Henry Eveleigh. Participe au 66ème Salon du Printemps au M.B.A.M. avec « Pointe au Pic ».

1948- Commence à travailler comme caricaturiste à La Patrie et au Petit Journal.

1949- Part en septembre pour Paris où il étudie la peinture et le dessin pendant cinq mois à L’Académie de Montmartre, sous la direction de Fernand Léger.

1950- Rencontre Picasso à Paris.

1951- Rentre à Montréal et commence à se produire comme caricaturiste dans les cabarets.

1952- Rencontre Dali à New-York. Première émission de variétés, le Périscope avec Gérard Delage, sur la chaîne de Radio-Canada.

1956- Première grande exposition solo à la galerie Agnès-Lefort de Montréal. Expose 350 caricatures à clé au Restaurant Hélène-de-Champlain, sur l’Île Sainte-Hélène, Montréal.

1957- Épouse Fernande Giroux. Travaille jusqu’en 1961 comme caricaturiste au Devoir.

1961- Travaille jusqu’en 1963 comme caricaturiste à La Presse.

1963- Rencontre George Mathieu à Montréal.

1964- Exécute toute une série de collage qu’il baptise « Stop Art »

1965- Fait la première page du magazine Time (Édition canadienne du 9 juillet) Avec le portrait de Marc Favreau. S’installe à Prévert, dans la grande banlieue de Montréal. Commence à réaliser en quatre panneaux le plafond du pavillon de l’Énergie à Expo 67, travail terminé à temps pour l’ouverture officielle.

1967- Murale pour le pavillon de l’Humour, Terre des Hommes

1968- Fonde le Poing, magazine mensuel humoristique. S’installe près de Beloeil, en pleine campagne.

1970- Épouse Arlette Séguy. Fonde l’Académie Normand-Hudon pour l’enseignement du dessin par correspondance.

1973- Organise dans La Presse un concours hebdomadaire « On s’amuse à dessiner », qui obtiendra un grand succès. Se fait représenter exclusivement par Denis Beauchamp qui devient son agent d’affaires et qui entreprend de lui organiser des expositions dans tout le Canada.

1975- Revient à Montréal et installe son atelier boulevard de Maisonneuve

1977- Prépare une série de quatre sérigraphies, intitulées « Les enfants de mon pays ».

1981- S’installe à Magog dans les cantons de l’Est

1986- Déménage à Ayer’s, près de North Hatley

1997- Décède à l’âge de 68 ans en pleine gloire et au plus fort de sa carrière socio-artistique. Il fut ni plus ni moins que notre Honoré Daumier national.